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Psychothérapeute : un nouveau cadre contesté
Psychothérapeute : un nouveau cadre contesté
08/09/2010 - L'usage du titre de psychothérapeute est désormais encadré. Certains praticiens s'en inquiètent et dénoncent une médicalisation de la profession.
Le psychothérapeute reçoit ses patients en cabinet ou en institution et a recours, pour les aider à résoudre leurs difficultés psychiques, à différentes pratiques allant du travail psychanalytique jusqu'aux techniques de psychothérapie : comportementale, cognitiviste, transactionnelle ou programmation neurolinguistique (PNL). Dans le secteur social et médico-social, il exerce principalement dans les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), les centres d'action médico-sociale précoce (Camsp), les centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa), mais également dans les instituts médico-éducatifs (IME) et les instituts éducatifs, thérapeutiques et pédagogiques (Itep) auprès des enfants et adolescents handicapés. Il peut être psychiatre, psychologue, psychanalyste (lire À savoir) ou, jusqu'à la réforme récente qui encadre ce métier, exercer sans aucun diplôme ou titre reconnu. C'est pourquoi, il est difficile de chiffrer le nombre exact de psychothérapeutes travaillant dans le secteur social et médico-social. « En général, les établissements et services embauchent des psychiatres et des psychologues cliniciens en leur demandant de mettre en place des psychothérapies. On peut évaluer leur nombre à 25 000 pour les psychologues et 5 000 pour les psychiatres », précise Daniel Gacoin, consultant et directeur du cabinet Proéthique Conseil. Un nouveau cadre (1) pourrait bien bouleverser la donne. Il prévoit que l'usage du titre de psychothérapeute est désormais réservé aux professionnels inscrits au registre national, décliné en listes départementales. Cette inscription est subordonnée à la validation d'une formation en psychopathologie clinique de 400 heures au minimum. D'après l'arrêté du 8 juin 2010 (2), elle doit permettre de valider ou d'acquérir « les fondamentaux de la psychopathologie clinique, son histoire, ses méthodes de recherche et ses dispositifs de prise en charge ». Quant au stage pratique, d'une durée de cinq mois, il doit être accompli notamment dans un établissement privé ou public agréé par l'agence régionale de santé. Daniel Gacoin estime que cette réforme est la bienvenue. « Ce décret a le mérite de clore le débat autour de pratiques thérapeutiques qui faisaient parfois courir un risque majeur aux patients : pratiques abusives, sectaires ou sans contrôle clinique. Il permet aussi de résoudre l'exigence de formation complémentaire pour pouvoir faire usage du titre de psychothérapeute. » Un débat autour de la formation En revanche, de nombreuses associations de professionnels se sont émues des dispenses accordées à certains et ont dénoncé une médicalisation de la fonction (lire Point de vue). En effet, contrairement aux psychologues et psychanalystes qui sont soumis à une obligation de formation complémentaire (3), par exemple 150 heures pour les psychologues cliniciens, les psychiatres bénéficient d'une dispense totale de formation et de stage.
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